C'est la guerre de succession à la tête du Crédit Agricole, avec le départ programmé du président René Carron, mais peut-être aussi celui du directeur général, Georges Pauget...Autant dire que l'ambiance sera pesante lors du prochain conseil d'administration du Crédit Agricole SA , le 10 novembre. Pour le remplacement, programmé en mai 2010, de René Carron les jeux sont semblent-ils faits, il sera remplacé par Jean-Marie Sander, l'actuel patron de la Fédération nationale du crédit agricole, l'organe « politique » du groupe. Par contre, pour le remplacement du DG, Georges Pauget, les jeux sont toujours ouverts. En place depuis 2005, son mandat n'a en principe pas d'échéance, mais depuis quelques semaines on ne parle que de sa succession. Surtout depuis qu'un article du Monde a révélé qu'il avait participé à l'élaboration d'un plan secret visant à rapprocher la banque de Groupama et de la société générale. Un scénario que réprouve les caisses régionales, puisqu'elles perdraient le contrôle de leur maison mère. Du coup, les barons de la banque verte s'étripent à belles dents avec -selon notre spécialiste maison Sylvie Hattemer-Lefèvre- trois candidats internes plus ou moins déclarés: Jean-Paul Chifflet, Pascal Célérié et Jean-Yves Hocher.
Pour calmer les esprits un compromis pourrait être trouvé en faisant venir une personnalité extérieure comme Augustin de Romanet, actuel patron de la Caisse des dépots et consignations et ancien directeur financier du Crédit agricole. Une solution qui arrangerait l'Elysée ou l'on cherche depuis longtemps un point de chute pour évacuer Romanet de la Caisse. Peut-être pour trouver une place bien chaude pour un conseiller (Guéant ? Guaino ?) qui ferait de la Caisse un vrai bras armé de l'exécutif dans la sphère économique et financière. Le véhicule des grandes ambitions sarkoziennes...
Pierre-Henri de Menthon
Le nouvel observateur. Challenges.fr
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